Les retraites, le dossier à haut risque du second quinquennat Macron

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Le président réélu souhaite lancer les concertations avec les partenaires sociaux au plus vite. Mais les discussions s’annoncent d’ores et déjà houleuses alors que les syndicats s’opposent à un relèvement de l’âge légal de départ à 65 ans.

C’est l’une des toutes premières réformes qu’Emmanuel Macron souhaite engager lors de son second mandat. Et sans doute la plus explosive. En voulant toucher au totem de l’âge légal de départ à la retraite qu’il souhaite faire passer de 62 à 65 ans, le président tout juste réelu prend le risque de déclencher une nouvelle fronde sociale.

Ces dernières semaines, le chef de l’Etat a certes changé de ton, mais sans pour autant changer de cap. S’il a confirmé vouloir reculer progressivement l’âge de départ à la retraite à 65 ans, à raison de 4 mois supplémentaires travaillés chaque année, il a évoqué une clause de revoyure. En clair, rendez-vous sera pris pour voir en fin de quinquennat s’il est possible de limiter le curseur à 64 ans.

Concertations

En attendant, Emmanuel Macron a promis de mener une “très large concertation” avec les partenaires sociaux. Une sorte de conférence sociale qu’il veut lancer le plus tôt possible afin d’avoir un projet de loi prêt dès la fin de l’été, pour une entrée en vigueur de la réforme dès le 1er janvier 2023.

Les discussions avec les syndicats devraient d’ici-là porter sur les conditions qui permettraient à certains salariés d’échapper au recul de l’âge légal (carrières longues, métiers pénibles…). Les organisations syndicales souhaitent par ailleurs se battre pour ralentir le rythme de la réforme. “4 mois en plus par an, c’est trop pour nous”, indique un haut responsable syndical. Si Emmanuel Macron a promis dans son projet un relèvement de la pension minimum à 1100 euros, d’autres contreparties devraient être réclamées comme l’annulation de toute décote dès 65 ans, contre 67 ans aujourd’hui.

Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron aura du mal à convaincre les syndiats. Toutes les organisations, y compris la CFDT, sont vent debout contre le report de l’âge de départ à 65 ans. Invité ce lundi sur BFM Business, le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a fait part de son scepticisme sur la phase de concertations qui doit s’ouvrir:

“Je demande à voir parce que cela ne peut pas être ‘Je décide du recul de l’âge de la retraite et je vous demande de mettre en oeuvre la décision’, ça ne marche pas comme ça”, a-t-il dit, expliquant ne pas croire à ces “grandes conférences sociales” et dénonçant un “effet d’affichage”. “Ce que j’attends, c’est qu’il écoute et qu’il prenne en compte ce qu’on lui dit. Qu’il tienne compte de nos arguments”, a conclu Yves Veyrier.

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