CAC 40 : La Bourse de Paris termine à l'équilibre mais abandonne plus de 3% sur la semaine

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(BFM Bourse) – Un sursaut dans l’après-midi a permis au CAC 40 de boucler cette dernière séance d’une semaine chaotique légèrement dans le vert (+0,04%), à 4.694,38 points, dans le sillage de Wall Street où les derniers chiffres de la croissance ont un peu rassuré les opérateurs, malgré les craintes d’un « shutdown » de l’administration américaine.

L’indice phare parisien a terminé quasiment à l’équilibre (+0,04%) vendredi dans un marché extrêmement nerveux, peinant à retrouver des couleurs dans un climat de forte volatilité. Le CAC 40 a récupéré… 1,92 point, à 4.694,38 points dans un volume d’échanges très élevé de 7,2 milliards d’euros. Sa performance hebdomadaire reste fortement négative (-3,28%) et depuis le 1er janvier, il a chuté de 11,64%.

Les marchés européens ont regagné du terrain au cours de l’après-midi dans le sillage d’une ouverture en hausse -surprise- du côté de Wall Street, alors que les craintes d’un possible « shutdown » d’une partie de l’administration pouvait faire craindre le pire aux places boursières. Il n’en fut rien. L’attention des investisseurs s’est plutôt tournée vers les derniers chiffres du département du Commerce américain sur le produit intérieur brut. Celui-ci a progressé de 3,4% sur un an et devrait enregistrer une croissance d’environ 3% sur l’ensemble de l’année 2018, des chiffres qui ont rassuré les investisseurs sur l’état de santé général de l’économie.

Une bonne nouvelle qui a d’ailleurs pris le pas sur une autre, moins bonne, à savoir que les marchés restent sous la menace d’un « shutdown », autrement dit une fermeture des administrations fédérales. C’est Donald Trump qui a brandi cette menace en refusant de signer une loi de financement temporaire faute d’obtenir crédits nécessaires à la construction du mur qu’il projette à la frontière avec le Mexique.

Par ailleurs, l’état des relations entre la Chine et les États-Unis connaît une nouvelle détérioration avec les accusations d’espionnage économique portée par les USA à l’encontre de l’Empire du Milieu, et ce alors que les deux grandes puissances sont censées aboutir d’ici au mois de mars à un accord pour mettre fin à leur différend.

Avant un inéluctable ralentissement de l’activité au cours de la semaine prochaine, où la Bourse de Paris n’ouvrira que pour une demi-séance lundi avant de fermer ses portes mardi et mercredi, les opérateurs semblent avoir quoi qu’il en soit fait une croix sur la performance 2018.

Nombre d’intervenants n’ont pas attendu lundi (dernier jour de négociation au SRD) pour déboucler d’éventuelles positions comme le prouvent les volumes d’échanges particulièrement étoffé de 7,2 milliards d’euros.

Technicolor dévisse, Europcar et les biotechs rebondissent

La plus forte chute sur le SBF 120 revient à Technicolor (-12,8%) après un nouvel avertissement sur ses résultats et un nouveau plus bas, occurrence qui ne fait malheureusement que se répéter année après année, comme le rappelle Oddo BHF. Par pudeur, on ne rappellera pas la performance boursière depuis l’introduction de Thomson Multimédia en Bourse en 1999 lors de la bulle des TMT (technologies-médias-télécoms).

Les biotechs ont connu un sort contrasté, avec une correction de 3% pour Genkyotex, -1,9% pour Inventiva et -7% pour Genfit, trois acteurs présents dans la maladie du foie appelée NASH, alors que Cerenis est remonté de 2,4% après avoir justement annoncé des résultats de phase 1b sur CER-209 qui pourraient placer à son tour cette biotech dans la course à la mise au point d’un médicament pour cette affection. D’un autre côté, Gensight Biologics (+12%), Quantum Genomics (+11%) ou encore Nicox (+9%) se sont offerts de très jolis rebonds. DBV Technologies, après son décrochage de près de 70% jeudi, a repris 14%.

L’automobile a profité d’un regain d’intérêt, sans actualité immédiatement apparente, avec 6,4% pour Valeo, +3,7% pour Plastic Omnium, +5% pour Faurecia, +2,6% pour Peugeot et +1,3% pour Renault. Peut-être de bon augure pour le spécialiste de la logistique automobile Gefco, qui a dépose son document de base à l’AMF en vue d’une prochaine introduction en Bourse.

Également en nette hausse, Europcar Mobility Groupe s’est adjugé 8,2% après le lancement d’un nouveau programme de rachat d’actions tandis qu’Ubisoft a profité de l’annonce de la réouverture des autorisations administratives à la vente de nouveaux jeux vidéo en Chine.

Wall Street sans tendance

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi sans tendance claire: le Dow Jones s’adjugeait 0,27% et le Standard & Poor’s 500 était quasiment inchangé tandis que le Nasdaq Composite perdait 0,76%. Le S&P-500, qui avait cédé près de 3,1% sur les deux séances précédentes, a gagné jusqu’à 1,5% en matinée, porté notamment par les déclarations de John Williams, le président de la Fed de New York, soulignant que la banque centrale était à l’écoute des marchés et n’excluait pas de modifier sa politique monétaire en cas de besoin de l’économie.

Inexorable chute de l’or noir

Les cours du pétrole ont touché de nouveaux plus bas depuis l’été 2017 du fait d’inquiétudes persistantes de surproduction. Vers 13h30, le baril de Brent de mer du Nord est tombé sous les 53 dollars pour la première fois depuis le 5 septembre 2017. Quant au WTI, il a touché un plancher depuis juillet 2017. Vers 18h15, le baril de Brent est légèrement remonté, à 54 dollars (-1,28%) tout comme le baril brut léger américain revenu à 45,9 dollars (-0,6%).

Sur le marché des changes, l’euro reculait face au billet vert, à 1,1391 dollar (-0,5%).

Quentin Soubranne – ©2018 BFM Bourse

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