FOUNTAINE PAJOT : La filière nautique française tient la barre face aux risques de guerre commerciale

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(BFM Bourse) – Les acteurs du nautisme cotés en Bourse affichent des performances contrastées en 2018. Fountaine Pajot a mieux résisté que Bénéteau, plombé par un avertissement lancé à mi-exercice. L’ensemble de l’industrie se montre attentive aux risques qui planent sur 2019.

Portée par un marché robuste, l’industrie nautique française, grande exportatrice, scrute non sans circonspection le déroulement du Brexit et d’autres risques internationaux, tandis que se termine samedi le Salon international de l’industrie nautique, à Paris.

“Ca va bien, mais on espère traverser tous ces écueils”, a lancé vendredi devant la presse Yves Lyon-Caen, le président de la Fédération des industries nautiques (Fin), à propos de la somme d’incertitudes se profilant à l’horizon pour le secteur réuni porte de Versailles.

Les estimations de la Fin pour la saison 2018, achevée le 31 août, confirment le bon bilan dressé par son président: le chiffre d’affaires annuel de la filière devrait passer de 4,8 milliards d’euros à 5,2 milliards, et quelque 1.500 embauches devraient avoir été enregistrées au cours de la saison écoulée, pour porter le nombre d’équivalents temps plein du secteur à 43.000 salariés. Indicateur très surveillé, le taux d’export devrait encore progresser selon la Fin, se hissant de 75% l’an dernier à 76 % lors de la saison 2018.

Brexit et guerre commerciale

Pour autant, “si la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine voulait bien véritablement s’arrêter et ne pas attendre les derniers tweets du président Trump, ça pourrait nous aider”, a noté Yves Lyon-Caen.

Autre motif d’inquiétude: le Brexit, particulièrement en cas de rupture sèche entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

L’Italie et l’Allemagne, deux marchés d’exportation historiquement importants pour l’industrie nautique française, suscitent elles aussi des interrogations. Un ralentissement économique important de l’Italie en cas de clash avec la Commission européenne, pourrait pénaliser les entreprises françaises, très présentes sur ce marché. Quant à l’Allemagne, c’est son statut de première économie européenne et la fragilité de la coalition gouvernementale fédérale qui préoccupent le président de la Fin.

Le cours de Bourse des représentants cotés du secteur se ressent d’ailleurs de ces inquiétudes. Après un plus haut historique de près de 23 euros mi-janvier, Bénéteau a connu une importante baisse, accentuée en juillet par l’avertissement que le groupe n’afficherait qu’une croissance de 7 à 8% cette année, contre 8 à 10% visé au départ. Le titre accuse près de 40% de baisse sur l’année, après un gain de 45% en 2017.

Moins mal loti, Fountaine Pajot ne cède qu’une douzaine de pourcents, après avoir enchaîné six performances annuelles positives d’affilée depuis 2012.

Pas encore de basculement géographique

Face à l’ensemble de ces risques, certes pas toujours concrétisés, le délégué général de la Fin Fabien Métayer, met en avant l’intérêt de prospecter de nouveaux marchés. “Sur la filière sports, on est en train de regarder de très près les attentes de certaines zones autour de l’Etat de Cancun au Mexique, autour de la Colombie”, a-t-il affirmé. Malgré ses contraintes propres, le marché chinois peut aussi être intéressant à étudier, a-t-il ajouté.

Mais de là à amorcer un basculement profond de la structure de marché de la filière, il y a un pas qu’Yves Lyon-Caen juge prématuré de franchir: “Par leur dimension, leur profondeur, leur vitalité, les grands marchés restent l’Amérique du Nord et l’Europe. Cette situation est susceptible d’évoluer et elle évoluera très vite, mais pour l’instant elle est assez stable.”

Et même si les équilibres commerciaux venaient à se troubler, le navigateur Michel Desjoyeaux défend l’adaptabilité de l’industrie nautique française. “Si la filière française se porte bien notamment à l’export, c’est parce que c’est une filière qui bouge”, a martelé le double vainqueur du Vendée Globe lors de l’inauguration du Salon.

“On envisage [la saison à venir] avec sérénité, mais beaucoup de vigilance, d’attention, parce que la manoeuvre sera rapide”, conclut, en marin avisé, Yves Lyon-Caen.

(Avec AFP)

Guillaume Bayre – ©2018 BFM Bourse

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