L’entrée de Hansoh Pharma en Bourse fait de cette ex-prof de chimie la 3e femme la plus riche de Chine

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(BFM Bourse) – Hansoh Phramaceutical Group, une des rares biotechs chinoises à développer ses propres produits plutôt que des médicaments génériques, s’introduit à la Bourse de Hong-Kong sur la base d’une valorisation de plus de 10 milliards de dollars. De quoi propulser sa fondatrice Zhong Huijuan au troisième rang des femmes les plus riches de Chine, derrière deux tycoons de l’immobilier.

Du tableau noir à la direction d’une des sociétés biopharmaceutiques les plus innovantes de Chine. Tel est le parcours de Zhong Huijuan, qui avait commencé par enseigner la chimie à des lycéens après un simple diplôme de premier cycle, avant de créer son entreprise, entrée vendredi en Bourse.

Etablie à Lianyungang dans le Jiangsu, une province côtière jouxtant Shanghai, Hansoh Pharmaceutical se distingue au sein du marché pharmaceutique chinois. Ce dernier est à la fois très fragmenté (plus de 4.300 entreprises du médicament y sont recensées selon Frost & Sullivan, les vingt plus grandes ne représentant que 20,5% du total) et dominé par les produits génériques, les médicaments princeps ne représentant encore qu’une part minoritaire du marché. Pour autant, la croissance est bien au rendez-vous. Déjà le deuxième au monde après les USA, le marché pharmaceutique chinois devrait croître de 8% entre 2017 et 2022, selon Frost & Sullivan, sur fond d’accroissement des revenus des ménages, de préoccupation grandissante envers la santé – et là aussi de vieillissement de la population avec 158,3 millions de personnes de plus de 65 ans en 2017. De plus, les autorités encouragent désormais de plus en plus l’arrivée de molécules réellement différenciantes, et durcissant les exigences d’évaluation des médicaments génériques d’ancienne génération.

Pratiquement 10% des dépenses en R&D

À contre-courant de la plupart des autres labos chinois, Hansoh a fortement misé depuis plus de 20 ans sur la Recherche & Développement, d’abord au travers de ce qu’on appelle les “first-to-market generics” (version de molécules existant ailleurs mais commercialisée pour la première fois en Chine, nécessitant des tests cliniques) puis depuis 2002 par le développement de nouvelles molécules directement. La firme consacre 9,6% de ses revenus à la recherche, ce qui est beaucoup plus élevé que la moyenne de l’industrie locale du médicament (2%) composée en majorité de simples façonniers.

Le premier traitement découvert en interne, l’antibiotique Mailingda, lancé en 2014, n’était d’ailleurs que le neuvième composé entièrement développé et commercialisé par une pharma chinoise. Le groupe est particulièrement présent dans les troubles du système nerveux central, l’oncologie, les anti-infectieux et le diabète, ainsi que les troubles gastro-intestinaux et les maladies cardiovasculaires, six domaines thérapeutiques qui collectivement connaissent une progression supérieure à la moyenne du marché de la santé. L’entreprise compte lancer d’ici l’an prochain 15 nouveaux produits à fort potentiel commercial.

L’introduction en Bourse d’une partie du capital à 14,26 dollars hong-kongais par action (environ 1,82 dollar) confère une valorisation équivalent à 10,3 milliards de dollars. Détenant 68% du groupe, Madame Zhong se retrouve ainsi à la tête d’un patrimoine boursier de plus 7 milliards de dollars. Selon le Bloomberg Billionnaire Index, l’ancienne professeure de chimie devient ainsi la troisième femme la plus riche du pays. Elle est devancée au classement par deux reines de l’immobilier : Yang Huiyan, co-présidente de Country Garden Holdings, dont la fortune est estimée à 21,4 milliards de dollars, et Wu Yajun, présidente de Longfor Group Holdings avec 9,9 milliards de dollars.

Guillaume Bayre – ©2019 BFM Bourse

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