Les arnaques aux cryptomonnaies se multiplient en France

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Les arnaques au Bitcoin se multiplient

(BFM Bourse) – Malgré les mises en garde répétées de l’AMF, plus de 700 épargnants ont été victimes d’arnaques aux cryptomonnaies depuis le début de l’année, pour un préjudice qui s’élève à plus de 30 millions d’euros.

Après les arnaques au Forex (le marché des devises) et aux diamants, place aux arnaques au bitcoin. Le mode opératoire reste le même : un site Internet qui semble crédible et digne de confiance propose d’investir sur une classe d’actifs -en l’occurrence les cryptomonnaies- en promettant des rendements particulièrement attractifs (au moins 10% par an).

Après avoir renseigné ses informations personnelles, l’investisseur est incité par son interlocuteur à placer des sommes de plus en plus importantes sur sa plateforme. Sauf que le placement proposé n’existe pas et que l’argent est tout simplement dérobé. Sans possibilité, aucune, d’en revoir la couleur un jour, ces sites fermant aussi vite qu’ils ouvrent.

Un préjudice médian qui explose

Alors qu’il n’était encore « que » de 5.000 euros en janvier, le préjudice médian a atteint 24.000 euros sur le mois d’août dernier, un chiffre en quasi-constante augmentation (à 15.000€ en mars, il était retombé à 10.000€ en avril avant de remonter tous les mois jusqu’à toucher son plus haut au mois d’août). En même temps que le préjudice moyen, le nombre de réclamations d’investisseurs arnaqués, auprès de l’AMF, a également bondi : de 40 en janvier à 144 pour le mois de mai.

Craintes de l’AMF

Le gendarme de la Bourse tente de mettre en garde les investisseurs en publiant régulièrement une liste noire des sites non-autorisés à proposer des services financiers en France. Si l’AMF le fait aussi pour les sites qui proposent d’investir sur le Forex, les options binaires ou les diamants d’investissement, l’institution s’avoue particulièrement inquiète vis-à-vis des crypto-actifs, le bitcoin en tête.

La directrice de la communication de l’AMF Caroline Richard explique le double problème que pose la plus célèbre des cryptomonnaies : « Il n’y a aucune définition juridique du bitcoin et il a bénéficié d’une exposition médiatique incroyable, ce qui donne une fenêtre de tir parfaite aux arnaqueurs ». Elle réfute en revanche la théorie selon laquelle la volatilité et le caractère archi-spéculatif des crypto-actifs les rendent encore plus sujets à arnaque. « L’argument marketing des sites reste le même, c’est seulement le produit d’appel qui change ».

Caroline Richard admet que ce sujet constitue « une vraie préoccupation, d’autant que les pertes déclarées auprès de l’AMF ne constituent que la partie immergée de l’iceberg ». La solution passera, selon elle, par « beaucoup de communication et de pédagogie », pour contrer « l’habileté diabolique des commerciaux qui opèrent sur les faux sites ». Car la loi Sapin, qui interdit toute publicité sur les sites non-autorisés par l’AMF, est inopérante sur les sites de crypto-actifs

Des pertes à relativiser

Si ces 31 millions d’euros perdus par plus de 700 épargnants français peuvent sembler être une somme conséquente, il faut tout de même les mettre en perspective. À titre de comparaison, les Français avaient perdu 4,5 milliards d’euros, entre 2010 et 2016, sur les sites illégaux de trading de devises, d’options binaires et dans le cadre des faux ordres de virement, selon le parquet de Paris et le procureur général de l’époque François Molins.

Quentin Soubranne – ©2018 BFM Bourse

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