Les assureurs-vie commencent à abaisser drastiquement la rémunération des fonds euros

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La politique des taux bas commence à avoir des répercussions très concrètes sur le secteur financier… et sur leurs clients. Après Swiss Life, une deuxième compagnie, Generali France, s’apprête à abaisser drastiquement la rémunération des fonds euros de ses assurances-vie, selon des informations obtenues par l’AFP vendredi. “Le taux de rendement servi sur nos fonds euros, net de frais de gestion et de toute bonification, sera de 1%”, écrit Generali France dans un document destiné à ses collaborateurs et ses réseaux de distribution partenaires. En 2018, ce taux atteignait encore 1,75%.

Cette décision s’inscrit dans le cadre “d’un environnement de taux d’intérêt bas voire négatifs affectant l’ensemble du secteur de l’assurance, et plus particulièrement le marché de l’épargne”, ajoute Generali, qui compte près de deux millions de clients en assurance-vie et veille sur 50 milliards d’euros investis sur ces fonds euros.

Ce faisant, l’assureur suit donc la même voie que son concurrent Swiss Life, qui a lui aussi annoncé mercredi un taux de rendement 2019 pour ses fonds euros, net des frais de gestion, de 1% au lieu de 1,5% servis au titre de 2018.

Cette décision n’est pas une surprise : début septembre, le patron de Generali France Jean-Laurent Granier avait créé un vif débat au sein du secteur en affirmant que “le monde du fonds euros roi est terminé” et en annonçant une baisse “très significative” de la rémunération offerte par ses fonds euros.

Plus une “colonne vertébrale”

La semaine dernière, Hugues Aubry, membre du comité exécutif de Generali France, en charge de l’épargne, soulignait sur BFM Business encore que le “triptyque liquidités-performances-garantie n’est plus là” et donc qu’il “faudra baisser significativement le niveau du taux” en euros. “Ce que cela remet en cause (…) c’est le fonds euro comme colonne vertébrale du contrat d’assurance vie” soulignait-il, rappelant désormais la nécessité d’aller “vers des supports plus diversifiés”.

En France, l’assurance vie représente de loin le premier placement d’épargne. Quelque 1.750 milliards d’euros y sont investis, dont plus des deux tiers sur des supports dits “en euros”, qui désignent des placements dont le capital initial et les intérêts sont garantis indépendamment de la conjoncture.

Les investisseurs sont prêts à payer pour prêter

Pendant longtemps, les fonds euros ont fait office de produit miracle, proposant une rémunération très attractive, une possibilité de sortir à tout moment et une garantie sur le capital. Sauf qu’avec la chute des taux d’intérêt depuis une dizaine d’années, le rendement de ce type de placement n’a cessé de se dégrader.

Pour garantir que l’épargnant puisse récupérer intégralement son argent, les assureurs doivent en effet investir sur des placements peu risqués et donc faiblement rémunérateurs, comme les obligations d’États considérées sans risque et qui évoluent pour certaines désormais en territoire négatif.

Ce qui revient à dire que des investisseurs sont prêts à payer pour prêter de l’argent à des gouvernements et qu’il devient par conséquent de plus en plus difficile pour les assureurs de gagner de l’argent sur ce type de placements.

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