SAFRAN : Le crash du Boeing 737 Max 8 d'Ethiopian Airlines pèse sur Boeing et son fournisseur Safran

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(BFM Bourse) – L’appareil d’Ethiopian Airlines qui s’est écrasé dimanche était un exemplaire du dernier né de la famille 737, best-seller de l’avionneur américain. Le Max 8 est équipé des nouveaux moteurs Leap produits par CFM, la co-entreprise entre GE et Safran.

Vers 9h45, l’action Safran cède 1,3% à 118 euros -dans un marché parisien qui tente un rebond (+0,25%) après trois séances consécutives de baisse- en raison des interrogations sur la sécurité du Boeing 737 Max 8, motorisé par la co-entreprise Safran-GE, CFM. L’action Boeing abandonne parallèlement près de 9% dans les échanges avant Bourse, tandis que son concurrent européen Airbus Group progresse légèrement (+0,4% à 111,94 euros).

La fiabilité des nouveaux moteurs en question

L’appareil d’Ethiopian Airlines qui s’est écrasé dimanche, tuant l’ensemble des passagers et de l’équipage, était un 737 Max 8, le dernier né de la grande famille 737, l’avion le plus vendu au monde. Après un premier vol en janvier 2016, les livraisons de cette quatrième génération de 737, destinée aux vols court et moyen courrier, ont débuté il y a deux ans. Fin janvier 2018, 350 exemplaires du nouveau biréacteur mono-couloir avaient été livrés à leurs acquéreurs, sur un total de 5.011 commandes enregistrées par Boeing, selon le site du constructeur basé à Chicago, soit un carnet de commandes équivalent à plus de sept ans de production au rythme actuel.

Un plébiscite commercial assombri par un goulot d’étranglement auquel Boeing est confronté chez ses sous-traitants et fournisseurs, ce qui a entraîné des retards de livraison. Aussi a-t-il décidé de dépêcher ses propres salariés dans les usines de CFM, la co-entreprise franco-américaine entre General Electric et Safran, qui fabrique le nouveau moteur Leap équipant le 737. Ce dernier permet de réaliser une économie de 20% de carburant par rapport aux modèles précédents datant des années 1990 et Boeing a annoncé vouloir augmenter la cadence de production de son dernier 737 pour faire sortir, chaque mois, 57 exemplaires de ses usines contre 52 actuellement.

Sauf que depuis cet accident survient six mois seulement après celui d’un premier 737 Max 8, le 29 octobre dernier, opéré par Lion Air et qui s’était abîmé en mer peu de temps après son décollage de Jakarta, avec 189 personnes à bord. Après celui-ci, la communauté aéronautique s’était interrogée sur ce programme de 737 Max dont l’avionneur américain avait décidé de suspendre les vols tests en mai 2017 en raison d’un problème de qualité de fabrication du moteur Leap. Ces questions entouraient notamment le manque d’informations des compagnies et des pilotes sur le nouveau système anti-décrochage ainsi que sur une possible défaillance des sondes captant la vitesse, dont le nombre est limité à deux.

Les experts ont d’ores et déjà noté les similitudes entre les deux accidents mortels d’octobre dernier et de ce dimanche : les incidents sont intervenus très peu de temps après le décollage et les pilotes ont envoyé des messages pour dire qu’ils étaient en difficulté, juste avant la perte de l’appareil consécutive à plusieurs décrochages. En attendant d’en savoir plus, les Boeing 737 MAX 8 ont été immobilisés en Chine et en Éthiopie.

Quentin Soubranne – ©2019 BFM Bourse

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