BioNTech vise près de 16 milliards d’euros de revenus en 2021

Mots-clefs : , , , , , ,

(BFM Bourse) – Le pionnier allemand de l’ARN messager a mis au point le vaccin Comirnaty (BNT162b2) contre le Covid, produit et distribué en partenariat avec l’américain Pfizer. Au vu des commandes signées à ce stade, BioNTech anticipe environ 15,9 milliards d’euros de revenus cette année. Avec près d’un milliard d’euros de trésorerie à fin juin, la firme multiplie les programmes dans des indications variées.

Des décennies de recherche dans le domaine de l’ARN messager en provenance de nombreux pays, des années d’efforts depuis 2008 pour mettre sur pied une plateforme technologique performante, et un partenariat avec un des principaux laboratoires mondiaux afin de monter en puissance aux plans de de la production et de la distribution ont permis à BioNTech de réaliser sa prouesse: mettre au point en dix mois le premier vaccin contre le Covid-19. Une percée qui se traduit par des résultats records pour la biotech mayençaise au cours des six premiers mois de 2021, premier semestre de commercialisation complète de son vaccin.

Le groupe fondé par Uğur Şahin a enregistré 7,357 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur la période, contre quelques dizaines de millions d’euros un an auparavant. Ces revenus proviennent essentiellement de la montée en cadence du vaccin BNT162b2, plus communément appelé Comirnaty, avec la barre du milliard de doses livrées. BioNTech a convenu d’un accord de co-distribution avec Pfizer à l’échelle mondiale, hors Chine où un accord similaire a été conclu avec Fosun Pharma (en attendant l’homologation sur ce marché).

À ce stade, le vaccin a été homologué ou autorisé en urgence dans plus de 70 pays. BioNTech et Pfizer pensent atteindre une capacité annuelle de production de 3 milliards de doses d’ici la fin de l’année, en incluant la propre usine de BioNTech située à Marburg, opérationnelle depuis avril, et jusqu’à 4 milliards de doses l’année prochaine.

Après coût des ventes, frais de R&D et charges administratives et générales, le groupe a dégagé un bénéfice de 3,915 milliards d’euros pour le semestre, et vu sa position de trésorerie nette grimper à 914 millions d’euros à fin juin.

Pour l’ensemble de l’exercice, BioNTech a indiqué viser environ 15,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, sur la base des contrats (portant sur environ 2,2 milliards de doses) déjà signés.

Ce montant, équivalent à près de 18,7 milliards de dollars, propulserait la biotech créée en 2008 directement dans le top 30 des plus grandes sociétés biopharmaceutiques en termes de revenus. (À titre indicatif, le chiffre d’affaires annuel du plus grand labo français, Sanofi, était de 36 milliards d’euros l’an dernier).

Les moyens financiers considérables amenés par les ventes du BNT162b2 vont permettre à la société de multiplier les développements notamment dans la grippe saisonnière (à nouveau avec Pfizer) et la malaria (en lien avec l’OMS et la CDC africaine dans le cadre de l’initiative “eradicateMalaria”), mais surtout dans le cancer, avec pas moins de 18 essais programmés pour une quinzaine de projets. Le groupe s’est également porté acquéreur d’une plateforme technologique et de production de thérapies cellulaires de Kite Pharma située dans le Maryland, renforçant ainsi son assise aux Etats-Unis.

Dans le sillage de cette publication, le cours de BioNTech reprenait 10% à 428,08 dollars sur le Nasdaq américain. La firme y avait fait son entrée à 15 dollars l’unité en 2019, sur la base d’une valorisation de 3,4 milliards de dollars – l’une des plus grosses IPO de l’histoire pour le secteur. Sa capitalisation actuelle dépasse 93 milliards de dollars.

Guillaume Bayre – ©2021 BFM Bourse

Actu et Conseils – BFM Bourse

Partager cet article