La Tour Eiffel était temporaire, qu’en est-il de l’inflation ?, s’interroge Pictet Asset Management

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Pictet Asset Management (AM) considère toujours la poussée actuelle de l’inflation comme un phénomène temporaire, mais admet que le risque de la hausse des prix dépasse leurs prévisions passées.

« Les publications d’inflation sont très au-dessus des attentes, la hausse des prix directement liée au Covid se diffuse sur l’ensemble des paniers ». Selon les estimations du gestionnaire suisse, l’inflation mondiale en 2022 sera de 3,9%, contre 3% pour le consensus. Cette inflation, bien que plus importante que prévu, n’a pas vocation à durer.

Selon la maison de gestion suisse, l’inflation est principalement portée par une confusion dans les chaînes de production. L’une des répercussions immédiates à noter est le prix anormalement haut des voitures usagées. De même, malgré une accalmie des coûts des transports maritimes, ces derniers restent particulièrement élevés, avec un effet ricochet sur le prix payé par le consommateur final. Pour Pictet AM, l’une des raisons principales de cette inflation est le goulet d’étranglement subi par les chaînes d’approvisionnement en Chine, pays où sont produits de très nombreux objets de grande consommation. En effet, les vagues successives et fortes de Covid exercent une tension récurrente sur la production.

Plusieurs éléments viennent à l’appui du scénario d’inflation transitoire : les difficultés d’approvisionnement vont être moindres une fois que les pays où les coûts de production et les salaires sont bas seront à nouveau en capacité de produire comme au niveau d’avant crise. De plus la Chine, qui est considérée comme l’usine du monde, est loin de produire à plein régime, une partie de sa capacité de production étant « artificiellement fermée » à cause des mesures sanitaires. Il en est de même pour les Etats-Unis, où le taux d’utilisation des capacités se situe sous les 80%. Il ne s’agit pas de tensions sur l’appareil productif, mais bien de pénuries. Ce n’est donc pas un problème structurel, martèle Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.

A ceux qui arguent que l’inflation impacte aujourd’hui les salaires, la maison de gestion répond que les raisons sont encore une fois temporaires. Aux Etats-Unis, cette poussée s’explique par la difficulté à recruter liée à la diminution du taux de participation à l’emploi. En effet, à la suite des confinements successifs et grâce à des revenus issus de placement financiers, une partie de la population américaine a jugé bon de partir plus tôt à la retraite. La seconde raison réside dans la fermeture des frontières et l’interdiction d’octroyer des visas afin de limiter les déplacements. Or, aux Etats-Unis tout particulièrement, l’immigration de travail représente une part non négligeable de la main-d’œuvre disponible. Enfin, les difficultés de garde d’enfants et les craintes d’être infecté par le Covid ont rebuté une partie de la population à retrouver le chemin de l’emploi. Tout cela explique la baisse de l’offre de travailleurs et la pression inflationniste sur les salaires. L’inflation est donc, selon Pictet AM, « solide mais temporaire, et il n’existe aucun risque de perte de contrôle par la Fed. L’inflation, contrairement à la Tour Eiffel, sera donc temporaire ».

Concernant la zone euro, l’inflation est bien plus basse et Pictet AM a conclu sa conférence en réitérant qu’elle était certes plus longue qu’anticipée mais passagère et qu’elle devrait diminuer dès 2022 pour se rapprocher des objectifs de la BCE (autour de 2%).

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