Comment l'Inde et le Brésil font plonger le cours du sucre

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Champs de cannes à sucre au Brésil

(BFM Bourse) – Les cours chutent, alors que l’Organisation internationale du sucre prévoit un surplus de l’offre pour la récolte 2018-2019 de 2,2 millions de tonnes.

La tonne de sucre blanc a atteint mardi à Londres son plus bas en un mois, à 343 dollars, et la livre de sucre brut cotée à New York a chuté mercredi à 12,53 cents, à son plus bas depuis plus d’un mois pour finir la semaine en légère baisse. Le marché s’est cependant éloigné récemment des plus bas en plusieurs années atteints cet été.

Pour Nick Penney, courtier chez Sucden, la clef du marché se trouve au Brésil, premier producteur mondial de canne à sucre. Les raffineurs doivent en effet choisir de transformer la canne en sucre ou en éthanol. Or, après avoir choisi en masse le carburant cet été, alors que le prix du pétrole flambait, l’affaissement du cours de l’or noir pourrait peser sur la demande de biocarburant. « Il se murmure sur le marché que les stocks d’éthanol sont trop importants et que la production de sucre va reprendre », explique Nick Penney.

Trop de subventions en Inde?

Une partie des explications sont aussi à chercher du côté de l’Inde, le deuxième producteur mondial. L’Australie a d’ailleurs annoncé vendredi avoir saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre l’Inde, accusée de subventionner ses producteurs de sucre au point de provoquer une « baisse significative » des cours mondiaux et de porter atteinte à sa propre filière. Le secteur de la canne à sucre en Inde a annoncé une production record la saison dernière.

« Nous allons soutenir les droits de notre industrie sucrière à une juste concurrence et nous nous servirons des règles bien établies du commerce international pour défendre les intérêts de nos agriculteurs », a averti le ministre australien du Commerce Simon Birmingham dans un communiqué.

Vers un surplus de production en 2018-2019

L’Australie, troisième exportateur mondial de sucre, a fait part de ses préoccupations au gouvernement indien mais a été « déçue » du résultat si bien que Canberra a présenté à l’OMC une « contre-notification », a-t-il ajouté. « Nous sommes favorables à ce que les autres pays développent leurs industries agricoles mais ces efforts doivent rester dans le cadre de leurs obligations découlant de l’OMC et effectués de manière à ne pas créer des distorsions dans le commerce international ».

L’Organisation internationale du sucre (ISO) a revu en baisse de 4,6 millions de tonnes ses prévisions de surplus de l’offre pour la récolte 2018-2019, et ne prévoit plus qu’un surplus de 2,2 millions de tonnes, là où l’Organisation prévoyait encore une hausse de plus de 10 millions de tonnes au début de l’été. L’ISO aligne donc ses prévisions sur celles d’autres acteurs du marché, « mais il y aura quand même un surplus en 2018-2019 », ont souligné les analystes de ING.

(Avec AFP)

©2018 BFM Bourse

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